En partenariat avec l’Association des Maires Ruraux de France, la commune des Molières ouvre au public la salle du Conseil municipal, samedi 8 décembre, puis pendant une semaine aux heures ouvrables, pour permettre aux citoyens qui le souhaitent d’inscrire leurs doléances et propositions.
Celles-ci seront transmises au Gouvernement et aux Parlementaires.

Le malaise profond et la crise politique qui touchent aujourd’hui le pays mobilise les maires et les conseils municipaux qui alertent l’Etat depuis bien longtemps sur les inégalités sociales et territoriales. Ils décident donc d’ouvrir les mairies le 8 décembre pour recueillir doléances et propositions des citoyens, et de les faire remonter par leur réseau.

“Dans le contexte actuel et les récupérations du mouvement social par des bandes violentes d’une part, et des officines et partis extrémistes, il paraît essentiel de réengager le citoyen dans une démarche républicaine, en proximité avec ses représentants locaux.
Nous revendiquons depuis longtemps la richesse du lien à établir au niveau communal pour garantir et développer la démocratie, par conséquent nous aurions tort de nous tapir dans le silence aujourd’hui.
La République n’est pas une statue que l’on vénère ou que l’on saccage, mais une valeur que l’on fait vivre ou que l’on empêche d’être détruite.
Bien sûr, notre commune souffre moins que bien d’autres, aussi bien en termes d’inégalités sociales qu’en termes de fracture territoriale. Mais elle souffre avec le pays entier qui le manifeste aujourd’hui sous des formes diverses mais témoignant toutes d’un fort rejet des politiques publiques menées depuis de nombreuses années… sans nous permettre de mieux vivre ensemble et de répondre aux enjeux actuels.
Cette dégradation nous préoccupe tous. Cette crise ne doit pas nous faire perdre la démocratie, elle doit nous permettre de la réenchanter, de faire société, de nous reconstruire.”

Le Maire, Yvan LUBRANESKI


Message de l’Association des Maires Ruraux de France :

“La situation de notre pays cristallisée aujourd’hui par le mouvement social en cours nous amène à agir pour permettre à chacun de nos concitoyens d’exprimer verbalement leur colère. L’aggravation de la situation est tangible et nous avons tous suivi les événements. Leurs débordements imposent de prendre des initiatives. Aux réseaux sociaux qui divisent et attisent les tensions, nous proposons que le contact humain soit privilégié. Nous devons utiliser notre proximité pour déboucher la surdité de nos gouvernants.  

Les corps intermédiaires que sont les partis politiques, les syndicats, les institutions parlementaires ne sont plus écoutés ni considérés par la population. Dans ce contexte de défiance généralisée, la commune reste encore un vecteur de transmission, de représentation, d’interface possible entre les citoyens et le Gouvernement et son administration d’Etat, ainsi que le Parlement

Le rôle du maire et du conseil municipal serait d’écouter, d’enregistrer et de faire remonter l’information, sans prendre parti, sans juger, sans contredire… Charge à l’Etat de récolter, de synthétiser les remontées.

La « commune est utile » ; nous le disons avec force dans notre combat ; nous pouvons le prouver une fois de plus dans cette période troublée, fruit des graves dysfonctionnements d’un Etat qui reste sourd à nombre de difficultés des habitants et des élus et une multitude de difficultés et de mécontentements. 

Les causes de ce tumulte ne datent pas d’aujourd’hui, elles sont profondes et le résultat de dizaines d’années d’erreurs d’appréciation qui ont conduit à superposer fracture territoriale et fracture sociale.
Sur les thématiques spécifiques qui nous animent, (rôle de la commune et place de la ruralité), nous exposons depuis des années avec obstination nos positions aux gouvernements successifs, aux parlements successifs. De même que nous n’avons jamais manqué d’alerter sur les risques que pouvait induire une telle cécité de la part de nos gouvernants. Cette lucidité consécutive à une connaissance du terrain et mieux, le fait d’en être partie prenante, nous donne une légitimité à parler et à agir.”

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Yvan Lubraneski

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