La cérémonie commémorative de l’armistice du 11 novembre 1918 a eu lieu ce Mardi 11 novembre 2014 à 16h30 dans la cour de l’école élémentaire. En effet, souvent méconnue des habitants, une plaque commémorative 1914-1918 est fixée sous le préau depuis la construction de l’école. Elle a été donnée à la commune il y a fort longtemps…

Ainsi a-t-elle pu être mise en lumière à l’occasion de cette cérémonie. Plus de 200 personnes et enfants se sont ainsi recueillis, sans oublier l’énoncé de nos morts pour la France.

Les enfants de CM2 ont lu des textes et courriers de « poilus », et l’ensemble des classes ont chanté La Marseillaise.

Le lendemain mercredi matin, avant que la municipalité ne porte les gerbes déposées sous la plaque commémorative au Monument aux Morts, chaque professeur a emmené sa classe auprès de la plaque commémorative et des gerbes, afin de donner aux enfants une explication et un contenu pédagogique en lien avec la cérémonie.

Ci-après le discours du Maire des Molières, M. Yvan LUBRANESKI. Seul le prononcé fait foi.

« Nous sommes réunis ce jour pour commémorer ensemble l’armistice du 11 novembre 1918, mettant fin à la première guerre mondiale, qui, sur un peu plus de quatre années, reste encore aujourd’hui la plus grande boucherie que nous n’ayons connue.

Comme vous le savez, nous sommes entrés dans le centenaire de cette guerre. Par la lecture de textes de nos poilus, les enfants de la classe de CM2, que je remercie ainsi que leurs professeurs, ont ravivé leur mémoire.

Cent ans après le début de cette guerre, les quelques survivants qui n’étaient pas morts au combat se sont éteints les uns après les autres.

Les enfants, vous avez rallumé par votre voix leur lumière et leur message de détresse : le message de ceux qui sont emportés par ce que l’Humanité a de plus terrifiant.

Depuis la cour de récréation jusque dans la cour des grands de ce monde, la guerre est en nous.

Aussi, le devoir de l’Humanité est de construire collectivement les règles et les espaces qui permettront la fraternité universelle.

Construire une Humanité qui nous fera comprendre qu’atteindre l’autre c’est s’atteindre soit-même.

Cette construction, chers enfants, chers amis, elle est idéale, elle a besoin de vous car c’est un chantier permanent que les obscurs déconstruisent à coups de guerres et de terrorisme.

Des voix qui se levèrent en 1914 contre la guerre qui venait, inéluctable, nous nous souvenons de celle de Jean Jaurès, assassiné le 31 juillet 1914.

Aux Molières, nous lui consacrerons la première semaine du mois de décembre, et vous pourrez mieux le comprendre, mieux le connaître, et saisir son message universel et permanent.

Dès le 2 décembre, vous découvrirez une exposition départementale qui prendra ses quartiers aux Molières,

le 3 décembre, l’historien Serge Bianchi viendra nous éclairer et répondre à nos questions lors d’une conférence inaugurale,

et le 6 décembre nous retrouverons Pierrette Dupoyet dans sa dernière création présentée au Festival d’Avignon cet été, intitulée : «  Jaurès assassiné deux fois ».

Elle y interprète la femme de Jaurès, et à travers elle nous revivrons son histoire.

C’est aussi ce qui nous amène ici, aujourd’hui, dans cette école et devant ce préau.

Mobilisés au front, les hommes ont laissé dans nos villages femmes et enfants.

Femmes qui ont rempli toutes les tâches pour nourrir les nôtres, enfants qui se sont bien souvent retrouvés sans père ou sans famille.

« Enfants de la Patrie » comme vous nous le chanterez bientôt, chères écolières et chers écoliers des Molières, nous sommes dans le sanctuaire qui cimente notre République.

Ici nous devons commencer à apprendre la paix et notre capacité collective à nous forger un destin animé par la fraternité.

C’est donc ici que nous commençons ce centenaire, après qu’avec l’aide de Bernard Jullemier et Charles-Edouard Platel, le 1er août dernier, vous avez pu entendre le tocsin retentir et nous rappeler la mobilisation générale.

Nous ne tournons pas le dos à notre Monument aux Morts, ni au passé, ni à l’avenir.

Nous sommes ici pour donner un souffle nouveau à notre mémoire collective, qui se souviendra et énoncera tout à l’heure le nom de chacun de nos disparus, morts pour la France,

Nous sommes ici pour mettre en lumière cette plaque commémorative devant laquelle nos enfants passent chaque jour d’école et que, par ailleurs, nombre d’habitants ignorent.

Le devoir de mémoire, c’est aussi ramener devant ce qui est oublié ou laissé derrière.

Cet ouvrage de céramique est daté, par les spécialistes, de quelques années seulement après la première guerre mondiale.

C’est une plaque fabriquée en grand nombre et offerte aux communes de Seine et Oise par ce Département, en mémoire aux instituteurs et enfants morts pour la France.

Elle doit faire aujourd’hui triplement battre nos cœurs :

Notre cœur bat pour nos enfants, si jeunes et partis dans les tranchées, si jeunes et laissés sans père ou orphelins.

Notre cœur bat aussi pour l’instruction républicaine, ciment de nos valeurs, qui s’institue dans l’école, d’où le mot « instituteur » dont nous pouvons regretter la disparition, car il ne s’agit pas seulement de professer, ici.

Notre cœur bat enfin pour les territoires qui surplombent nos communes et leur viennent en aide, départements, régions, qui aujourd’hui se réorganisent.

Ce geste symbolique du vieux Département de la Seine et Oise, nous rappelle ainsi la naissance du Département de l’Essonne en 1964, il y a 50 ans, et nous interroge aussi sur sa capacité à accompagner la mutation de notre organisation administrative, dans les années qui viennent.

Nous serons vigilants et actifs afin que la commune et ses habitants saisissent une chance de développement et d’harmonie, et ne soient pas victimes d’un délaissement ou d’une relégation.

Aujourd’hui, ensemble, nous n’avons pas délaissé notre Histoire et ce qu’elle peut nous enseigner.

Aujourd’hui, ensemble, nous avons mis en lumière une partie oubliée de cette Histoire.

Voilà l’objet d’une cérémonie commémorative, sinon elle risque toujours de se limiter à une tradition susceptible de s’essouffler.

La mémoire comme la paix vont se chercher par le travail et par l’effort, aller au fond des choses et chercher le sens de notre action.

Méfions-nous de la paresse et de l’indifférence : ces ennemis sont rusés et souvent invisibles… »

 

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