Discours d’Yvan Lubraneski, maire des Molières, le 19 octobre 2020 à 12h.

Seul le prononcé fait foi

« Nous sommes réunis à l’initiative de l’ensemble de l’équipe municipale pour rendre hommage à Samuel Paty, professeur d’histoire-Géographie, assassiné dans les conditions que vous connaissez, ignobles et barbares, et, au-delà, pour dire à quel point sont atteintes les valeurs qui fondent notre République : liberté, égalité, fraternité, et bien sûr laïcité.

J’ai à mes côtés Sylvie Tréhin, maire-adjointe à l’éducation et au vivre ensemble. Oui, le vivre ensemble, nous savons à quel point il s’agit d’un sujet et d’un projet pour notre société.

À mes côtés aussi, Pierre Pruneta, ancien conseiller municipal, membre du conseil des sages et professeur d’histoire-géographie retraité.

La République, elle commence à l’échelle de la commune, il est fondamental que les conseillers municipaux aient chevillées au corps ses valeurs.

La République, elle commence à l’école, c’est un creuset où l’élève prend conscience d’appartenir à autre chose que sa famille et ses conceptions personnelles, c’est à dire à une communauté de destin au sein d’une République fondée sur ses valeurs. La commune des Molières souhaite réaffirmer tout son soutien à la communauté éducative.

Ses valeurs, nous les avons rappelées sur cette gerbe de fleurs que nous déposons au pied de notre Arbre de la Liberté, désigné comme tel en 2015, lieu symbolique autour duquel nous avons eu malheureusement d’autres occasions de nous réunir et de nous recueillir.

Nous n’oublions pas l’égalité, qui fait le vœu de considérer chacun comme un citoyen.

Et nous avons inscrit « Liberté – Laïcité – Fraternité ».

Liberté, et notamment la liberté d’expression, qui doit nous interroger aujourd’hui sur les règles à mettre en œuvre pour la permettre et travailler à ses limites. Car il n’existe pas de liberté sans limite. Elle semble franchie à toute vitesse par la haine déversée sur les réseaux sociaux.

Laïcité, qui garantit la liberté absolue de conscience, qui garantit à chacun d’avoir une religion ou de ne pas en avoir. Elle offre cette garantie en limitant, elle aussi, dans notre communauté républicaine ces conceptions qui restent personnelles. Son principe mérite aussi d’être réaffirmé et mis en œuvre avec plus de fermeté.

Fraternité, car c’est la finalité de notre projet républicain, se considérer comme frères et sœurs et nous considérer mieux au-delà de nos différences et de nos conceptions personnelles.

Chacun à sa place doit défendre et contribuer à faire vivre ces valeurs.

L’émotion qui traverse le pays prouve que nous le pouvons encore.

Chacun au village pourra témoigner dans les prochains jours ici au pied de l’Arbre de la Liberté, de son soutien à notre projet républicain, avec une fleur, une pensée et tout ce qu’il voudra poser ou manifester, dans la fraternité. »