Photo prise devant le Café du Croissant…

Texte, mise en scène, interprétation : Pierrette DUPOYET

Le Paradou, samedi 6 décembre 2014 à 20h30
Réservations obligatoires au moyen du formulaire ci-après

Création Festival d’Avignon, spectacle soutenu par la Ligue des droits de l’Homme.

spectacle conseillé à partir de 12 ans
5 € par personne (gratuit étudiants et sans emploi, sur justificatif à présenter)

Le spectacle commence le 31 Juillet 1914, jour de l’assassinat de Jean Jaurès, au café du Croissant. La guerre de 1914-18 éclate 3 jours plus tard… L’assassin est jeté en prison et il est décidé qu’il ne sera jugé qu’une fois la guerre finie. Evocation des luttes de Jaurès pour l’amélioration de la vie de ses concitoyens, ses engagements, ses discours enflammés sur la laïcité, sur le courage, son pacifisme, son admiration pour Victor Hugo, ses indignations devant l’injustice, son désir de rendre l’armée plus humaine, sa prise de position dans l’Affaire Dreyfus…
En toile de fond du spectacle, la guerre de 1914-18, ses atrocités, ses drames, la peur au ventre des jeunes soldats… Le fils de Jean Jaurès perdra d’ailleurs la vie dans cette guerre barbare. En Mars 1919, l’assassin de Jaurès est enfin jugé.

Sur scène, la femme de Jaurès, Louise, qui reçoit de plein fouet la mort de son mari, la perte de son fils et l’insupportable verdict concernant le meurtrier de son époux.

Pierrette Dupoyet est une habituée du Festival d’Avignon où elle crée ses spectacles depuis 31 ans ! Elle part ensuite les jouer dans 70 pays, sur invitation des Ambassades de France, Centres Culturels, Alliances Françaises… Les sujets qu’elle aborde sont des coups de coeur  pour des auteurs : Rimbaud, Camus, Balzac, Hugo, Zola, Sand, Colette… ou des thèmes de société : justice, solidarité, exclusion, enfance maltraitée, erreur judiciaire…

Ce spectacle s’inscrit dans la commémoration de l’assassinat de Jean Jaurès et du centenaire de la guerre de 1914-18.

Remerciements à : Gilles Manceron, Historien de la Ligue des droits de l’Homme; Gilles Candar, Président de la Sté des Etudes Jaurèsiennes; Jacqueline Lalouette, Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université, chargée de recherches au CNRS; Lucien San Biagio et Fabrice Savel, Archives L’Humanité; Eric Lafon, Musée de l’Histoire Vivante; et à la regrettée Madeleine Rebérioux pour l’ensemble de ses publications sur Jean Jaurès

Bibliographie
Jaurès l’humaniste Paul Marcus
Jaurès, la parole et l’acte Madeleine Rebérioux
Actualité de la pensée de Jaurès Patrick Le Hyaric
Jaurès, apôtre de la patrie humaine Jacqueline Lalouette
Le procès de l’assassin de Jaurès Ed. Pagala
La vie de Jean Jaurès Marcelle Auclair
Lire l’Armée Nouvelle Cahiers Jaurès (N° 207-208)
Pourquoi Jaurès ? Cahiers Jaurès (N°200)
Jaurès, du Tarn à l’Internationale Jean Jaurès Fondation (Candar, Duclert, Fontaine)

1°) Pourquoi consacrer un spectacle à Jean Jaurès.
Je m’intéresse aux grandes destinées, et plus particulièrement, aux êtres qui, par leurs écrits, leurs actes ou leurs combats, ont oeuvré au Progrès de l’Humanité. Jaurès est de ceux-là. Il n’a eu de cesse d’améliorer le quotidien de ses concitoyens et avait une très haute idée de « La » Politique (à la façon antique, c’est à dire cet espace magnifique d’expression où la réflexion de quelques-uns profite à tous). Rigoureux, audacieux, orateur hors pair, il a pris la parole pour défendre ceux que l’on écrasait , méprisait, humiliait. Comme Victor Hugo il avait compris que c’est par l’éducation que le monde peut être sauvé…  « Construire des écoles, c’est abattre les murs des prisons ».
Cent ans après son assassinat, sa parole résonne encore car elle était pétrie d’Humanisme et de bonté. Ayant moi-même circulé dans des pays meurtris par les guerres ou les conflits ethniques, j’ai l’amour de la paix inoculé dans les veines. J’aime penser que nous sommes tous frères et chaque conflit armé est une blessure par laquelle l’Homme perd son humanité.
2°) Quels aspects de la vie de Jaurès sont mis en valeur ?
Ses combats pour plus de Justice, sa foi en l’Homme, son respect de la notion de Travail . Son idée que l’émancipation peut se faire sans le recours à la violence. J’évoque ses discours qui sont toujours d’une brûlante actualité, notamment sur le Courage en direction de la Jeunesse (discours d’Albi), sur les vertus démocratiques de la Laïcité (discours de Castres), ses lectures, son idéalisme et l’humilité qu’il a su garder même lorsqu’il a été poussé dans la Lumière. Le spectacle évoque aussi ses courageuses positions pendant des grèves de travailleurs, mais aussi lors de l’Affaire Dreyfus (il a écrit un ouvrage « Les Preuves » pour dénoncer le machiavélisme ayant mené à l’erreur judiciaire), la création du Journal l’Humanité où il avait, à ses côtés, comme rédacteurs : Francis de Pressenssé, Anatole France, Octave Mirbeau, Jules Renard, Tristan Bernard, Léon Blum…
En un mot, plus encore que le tribun, que le conseiller municipal ou le député, c’est l’Homme à qui je souhaite rendre hommage.
…/…

3°) Comment intervient la guerre de 1914-1918 dans le spectacle ?
Elle est en arrière-fond du spectacle puisqu’elle éclate 3 jours après l’assassinat de Jaurès  et que le spectacle se déroule du 31 Juillet 1914 au 29 Mars 1919, date du procès de son assassin. On suivra cette guerre brutale et sauvage par les échos qui parviendront jusqu’à Louise, la veuve de Jaurès. Jaurès ne voulait pas de cette guerre, ni de celle-là ni d’aucune autre. Nous allons donc ressentir encore plus violemment ce sentiment de désarroi qu’il aurait vécu s’il avait assisté à ce carnage.

4°) Vous incarnez Louise, la femme de Jean Jaurès. Pour quelles raisons évoquez-vous l’homme à travers son épouse ?
Vivre à côté d’un génie est sûrement très complexe et peut-être même frustrant. On côtoie un astre tout en restant dans l’ombre, et pourtant… pourtant ce sont très souvent ces êtres, discrets, pudiques, effacés qui sont absolument essentiels à ceux qui, eux, sont sur le devant de la scène. Jaurès était un être sensible, contemplatif de la nature, lorsqu’il s’échappait du carcan de la cause citoyenne et même poète à ses heures. J’ai donc supposé que sa vie de famille avait été pour lui un ressort vital de sa propre construction… Sa femme et leurs deux enfants Madeleine et Louis-Paul ont joué un rôle que l’Histoire n’a pas retenu mais que j’ai aimé imaginé dans les gestes du quotidien, ces gestes et ces moments où vous puisez la force de repartir au combat. Peu importe le nombre d’heures passées à côté d’un être solaire, ce qui émane de lui vous bouleverse et vous illumine pour longtemps…mais curieusement je pense que l’inverse est vrai.
J’imagine que Jaurès est parfois allé chercher dans une pression de main de sa femme ou le regard de son jeune fils une énergie qui lui aurait fait défaut s’il était resté seul à ce moment précis de son questionnement. J’aime la Petite histoire de la Grande. J’ai donc choisi d’incarner une femme sur laquelle nous n’avons que très peu de renseignements (ce qui me rendait la tâche finalement plus aisée). J’ai ainsi pu pétrir Louise à mon image et lui mettre dans la bouche des convictions et des réflexions en accord avec les valeurs que je défends moi-même, finalement très proches de celles de Jaurès.

Pierrette DUPOYET

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Pierrette DUPOYET : COMEDIENNE, AUTEUR (18 titres publiés) METTEUR en SCENE

L’une des seules comédiennes à représenter la France dans 70 pays
(Norvège, Australie, Pologne,Gabon, Madagas car, Egypte, Malte, Fidji, Roumanie, Ecosse,
Nouvelle-Zélande, Liban, USA, Israël, Bulgarie, Bangladesh, Cameroun, Seychelles, Ukraine,
Ethiopie, Congo, Djibouti, Hong Kong, Azerbaidjan, Vietnam, Cambodge, Hongrie, Libye, Syrie,
Sénégal , Haïti, Macédoine, Mauritanie, Ouzbekistan,
Cap Vert, Fidji, Guinée Equatoriale…)

Ses sujets : Tout ce qui frissonne, étonne, bouleverse…tout ce qui rassemble ce qui est épars…L’Attente (Les Vieilles Femmes et la Mer, de Y.Ritsos), Droit à la dignité (Lettre d’un Pygmée à un Bantou), Tolérance (Chutt !), Espoir (L’Enfer), Peine de mort (Madame Guillotin), Enfermement (Laisse tomber la neige), Tauromachie (Toro), Univers Fellinien (Gelsomina), Monde ouvrier (Gervaise), Exclusion (Les parias chez Hugo), Erreur judiciaire (Dreyfus), Littérature (Balzac, Sand, Yourcenar, Vian, Maupassant, Rimbaud, Colette, Saint Exupéry…) L’Aventure humaine (Alexandra David-Néel, Sœur Emmanuelle) Enfance maltraitée (Au nom de), Quête d’Absolu (Don Quichotte), Rapport mère-fils (Cocteau, Lettres à ma mère…) Engagement (Jaurès, assassiné deux fois !) Fraternité (Joséphine Baker), Transmission (Sarah Bernhardt, Brûlez tout !) , Transmission de Mémoire (l’Orchestre en sursis), Justice (L’Etranger d’Albert Camus) d’une manière plus générale: la Vie, ses palpitations, ses doutes.

Partie de Lyon (sa ville natale) pour « monter »  à Paris, elle tient l’affiche 2 ans et y crée de nombreux spectacles. La presse la définit comme « exceptionnelle, prodigieuse, hallucinante, fantastique, inclassable, admirable, un torrent, un volcan, un cas… » L’étranger s’ouvre à elle (70 pays). Elle anime régulièrement des Stages d’Expression (Méthode Stanislavski). On l’aperçoit aussi au CINEMA (Fellini, Lelouch, Chabrol). Chaque année, elle participe au Festival d’Avignon. De solides études théâtrales, plusieurs distinctions et un Oscar de la Création attribué par Jean Vilar, ne l’empêchent pas de se comparer plus volontiers à un explorateur, qu’à une comédienne traditionnelle (elle joue aussi bien à l’Ile de Pâques que dans les Prisons, en Haïti, sous les bombes au Proche-Orient, au Bangladesh, à Madagascar, au milieu des luttes ethniques du Rwanda, chez les Aborigènes, les Massaï, les Pygmées…).

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